portail des études superieurs
  la sociologie
 

 

Sociologie : généralités


Née au XIXe siècle dans le contexte des changements consécutifs à la Révolution française et à la révolution industrielle, la sociologie, héritière des réflexions des philosophes et des politiques, s’est imposée comme discipline autonome.
Elle reste cependant hétéroclite dans ses objets d’étude comme dans ses projets intellectuels, qu’elle cherche à expliquer les phénomènes sociaux, à critiquer la société pour la réformer ou à déceler les tendances de son évolution.
  • Précurseurs et pionniers
Auguste Comte (1798-1857), à qui la discipline doit son nom de sociologie, a été le secrétaire de Saint‑Simon (1760-1825). Celui-ci fut le premier à défendre l’idée d’une science qui étudierait la société comme un véritable « être » ayant ses propres conditions d’équilibre dynamique. Son œuvre consiste pour une bonne part en vues sur l’avenir de la société « industrielle » - c’est à dire marquée par l’activité de production -, appelée à être gérée, selon lui, par une élite de scientifiques.
Auguste Comte, lui, entendit créer une « science des sciences » qui synthétiserait les connaissances des hommes sur leur histoire et qui guiderait leur évolution vers un ordre social « positif », débarrassé des révolutions. Pour lui, l’ordre social ne se réduit pas à l’ordre économique, et les individus ne sont pas seulement des acteurs de l’économie, ils sont aussi des participants à des institutions. La sociologie, normative, avait donc à dire ce qui devait être fait, mais elle n’avait aucun mépris pour le travail empirique et les enquêtes.
Si la pensée évolutionniste de Herbert Spencer (1820-1903) marque les débuts de la sociologie anglaise, c’est dans la société non unifiée et tourmentée de l’Allemagne que la nouvelle science sociale se développe le plus rapidement.
  • L’éclosion en Allemagne
Le juriste et économiste Lorenz Von Stein (1815-1890), en étudiant le mouvement ouvrier naissant, visait un but pratique : limiter les effets perturbateurs des luttes sociales sur les systèmes politiques de son temps.
La réflexion de Karl Marx (1818-1883), à l’opposé, avait pour objectif une théorie critique de la société capitaliste. La sociologie (il n’a lui-même jamais employé le terme) était pour lui élucidation de l’opacité des rapports sociaux.
  Ferdinand Tönnies (1855-1936)
Il fut un des rares à reconnaître une dette à l’égard de Marx et de son œuvre. Ayant subi de multiples influences, il a tenté de constituer une sociologie d’une grande rigueur scientifique qui reprendrait les hypothèses de l’historicisme de Dilthey (pour qui chaque époque forme un tout et il n’y a pas de fixité sociale). C’est pourquoi il a beaucoup utilisé les typologies où s’opposent des couples de catégories qui renvoient à des différenciations historiques, mais aussi à des antagonismes du présent. Dans son principal ouvrage, Communauté et Société (1887), il s’efforçait de démontrer qu’il y avait une dichotomie fondamentale entre la communauté, où prédominent les relations interpersonnelles immédiates, et la société, où prédominent les relations médiates et impersonnelles entre les individus. Les relations de type communautaire ne subsistent que de façon résiduelle dans la société contemporaine, et les relations sociétaires placent les individus dans des situations d’isolement progressif.
  Georg Simmel (1858-1918)
Pour lui aussi, l’individu se perd dans un monde qui lui est étranger, notamment celui de la technique et des institutions objectivées (le marché, l’argent).
La société capitaliste est dominée par la « tragédie de la culture », c’est‑à‑dire le décalage entre culture subjective - celle de plus en plus raffinée de l’intériorité - et culture objective - celle des objectivations produites par les pratiques sociales, formant peu à peu un monde particulier ayant ses propres lois et de moins en moins accessible à l’intervention des individus, voire des groupes sociaux.
La sociologie (Sociologie, 1908 ; Questions fondamentales de sociologie, 1917) ne peut donc être une science de la totalité sociale, mais seulement une discipline spécialisée des formes de la socialisation et des formes de liaison entre individus et groupes, de la coopération au conflit.
  Max Weber (1864-1920)
Il a récusé les conceptions trop ambitieuses de la sociologie, notamment celle qui voulait en faire une science comparable aux sciences de la nature. Cependant, il lui a assigné un objectif majeur : servir d’instrument pour comprendre certains aspects spécifiques de la société occidentale. Discipline critique, la sociologie est chargée de traquer les illusions sur l’avenir de la société, et les explications de la société et de l’histoire à partir de quelques principes d’analyse simples. Dans l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme (1904-1905), il s’est efforcé de montrer, contre les partisans du déterminisme économique, que la transformation des mentalités et des conceptions religieuses avait joué un rôle très important dans l’apparition du capitalisme, tout en s’opposant à ceux qui ont voulu voir dans les évolutions culturelles la cause principale, sinon unique, de l’évolution des sociétés.
Malgré la fondation de l’Association pour la politique sociale, en 1872, puis de l’Association allemande de sociologie, en 1908, par Weber, Tönnies et Simmel, la discipline n’est pas encore instituée de façon autonome à la veille de la Première Guerre mondiale.
  • L’« école » française
En France, l’économiste et ingénieur Frédéric Le Play (1806-1882) a fondé ses travaux, à la fois descriptifs et prescriptifs, sur l’enquête directe. Les Ouvriers européens (1855) rassemblent des monographies sur des familles ouvrières, et la Réforme sociale en France (1864) explicite les conceptions théoriques de l’auteur, qui vise à réformer la société.
  Émile Durkheim (1858-1917)
C’est seulement avec lui que la sociologie devient en France une discipline rigoureuse qui s’efforce de bannir les jugements de valeur et les préoccupations trop directes pour l’action ou la transformation de la société.
Dans les Règles de la méthode sociologique (1894), il soutient que le social s’explique par le social et préconise de « traiter les faits sociaux comme des choses ». Durkheim laisse une œuvre impressionnante, et surtout il a regroupé autour de lui une véritable école, qui a été illustrée par des disciples à la forte personnalité, comme Lucien Lévy‑Bruhl, Marcel Mauss, Maurice Halbwachs, Georges Davy. L’école durkheimienne a couvert, pour une période au moins, tout le champ de la sociologie et de l’ethnologie, et s’est efforcée d’en écarter certains concurrents, avec lesquels elle a été souvent injuste, notamment Gabriel de Tarde, auquel était fait le reproche de psychologisme.
  Gabriel de Tarde (1843-1904)
Juriste de formation, esprit curieux et ouvert, il a combattu efficacement les conceptions biologistes de la sociologie défendues notamment par le criminologiste Cesare Lombroso. Il a lui-même qualifié sa théorisation de « psychologie sociale ».
En fait, son ouvrage les Lois de l’imitation (1890) relève de la microsociologie ou encore d’une sociologie du pluralisme des relations dynamiques entre individus et entre groupes. L’imitation dont parle Tarde est liée à des processus d’identification, elle connaît des voies multiples de propagation : la domination et l’influence par exemple, mais aussi la résistance et la contre imitation. Elle n’exclut pas l’innovation et la déstabilisation sociale, produit des similitudes dans la dissymétrie, et des répétitions dans la différence, parce que les identifications sociales sont toujours contestées et ne se reproduisent jamais à l’identique. Rétrospectivement, la sociologie de Tarde apparaît sinon comme un correctif, du moins comme un complément aux sociologies générales.
  • L’entre-deux-guerres
Après la Première Guerre mondiale, la sociologie, qui jusqu’alors était très peu présente dans le monde universitaire, connaît une lente institutionnalisation en Europe et aux États-Unis. La lenteur du processus est due au manque d’intérêt que les pouvoirs publics portent à une discipline trop souvent tournée vers la critique de l’état de choses existant.
C’est seulement lorsque la sociologie montrera ses capacités à mener des enquêtes de grande ampleur que la reconnaissance lui sera peu à peu accordée.
    • La sociologie américaine
De ce point de vue, les enquêtes d’Elton Mayo (1880-1949) sont exemplaires dans le domaine de la sociologie industrielle : au cours des années 1920, il étudie la satisfaction ou l’insatisfaction au travail dans des établissements de la Western Electric, et montre que l’organisation scientifique du travail (taylorisme) se heurte à des résistances irréductibles chez les ouvriers, qui y opposent leur propre organisation informelle.
Aussi, dans les Problèmes humains de la civilisation industrielle (1933), essaie-t-il de montrer qu’il faut tenir compte de cette capacité de réaction et qu’il faut établir des relations de travail plus souples, plus soucieuses du facteur humain dans les entreprises.
À partir du travail de Mayo, d’autres études feront progresser très vite la connaissance du monde industriel et, particulièrement, celle des relations entre direction et ouvriers.
  Une sociologie de l’action
De même, le travail empirique de l’école de Chicago (Robert Park : la Ville. Propositions de recherche sur le comportement humain en milieu urbain, 1915 ; Louis Wirth : le Ghetto, 1925) sur les multiples aspects des phénomènes urbains, l’intégration des familles d’immigrés, la vie des quartiers, la transformation des modes de vie, la délinquance, etc., est très important. Mais, au-delà de la collation des données et de la description, les sociologues de Chicago s’efforcent aussi d’étudier les interrelations entre le milieu urbain comme ensemble d’institutions interdépendantes et les individus.
Le milieu urbain, à leurs yeux, est à la fois un ordre spatial, un lieu d’échanges intenses, un lieu où s’engendrent des pathologies sociales et un ensemble matériel et humain complexe, en perpétuelle transformation.
Ces avancées très importantes de la sociologie américaine bénéficient des travaux de Talcott Parsons (1902-1979), qui fait connaître en la réexaminant la sociologie européenne, dont il considère l’Italien Vilfredo Pareto (1848-1923) comme l’un des fondateurs.
Parsons, dans un ouvrage fondamental, Structure de l’action sociale (1937), analyse les œuvres de Weber et de Durkheim, au-delà de leurs divergences, comme autant d’efforts pour rompre avec les conceptions « économistes » ou utilitaristes des pratiques humaines. Il entend élaborer une sociologie de l’action ; celle-ci est orientée par des normes et des valeurs, mais est aussi conçue comme relation entre des acteurs et des situations, et donc comme système d’alternatives. Dans un tel cadre théorique, que Parsons va peu à peu enrichir, la conception de l’action comme étant dirigée par les seuls intérêts matériels perd toute pertinence. De même, l’idée qu’il puisse exister des déterminismes sociologiques rigides ne peut être retenue.
La scientificité de la sociologie, selon Parsons, ne peut résider dans la mise au point de lois copiées sur les lois des sciences de la nature, mais bien dans la vigueur de son cadre théorique et de ses questionnements.
    • La sociologie européenne à l’épreuve
Les sociétés européennes sont profondément ébranlées par la guerre et doutent d’elles-mêmes ; le regard critique du sociologue n’est alors pas le bienvenu.
  En France
La sociologie reste marginale dans l’université et dans le monde de la recherche, malgré la très grande valeur des travaux effectués par les disciples de Durkheim, tels Maurice Halbwachs (1877-1945) et Marcel Mauss (1872-1950).
Le premier traite des cadres sociaux de la mémoire, de la psychologie des classes sociales et reprend la thématique durkheimienne du suicide. Le second publie en 1925 l’Essai sur le don, qui, en mettant en évidence l’existence, dans des sociétés dites archaïques, de formes non mercantiles de l’échange, donne à l’ethnologie la possibilité de faire de grands progrès. Après Mauss, il n’est plus possible de considérer les sociétés non occidentales comme des sociétés encore dans l’enfance. Mais l’écho rencontré par ces travaux est limité à des cercles intellectuels restreints.
  En Allemagne
La situation est beaucoup plus contrastée. Une sociologie extra‑universitaire, financée par les syndicats, procède à des enquêtes sur les conditions de travail, sur les effets de la rationalisation capitaliste ainsi que sur les modalités de fonctionnement des organes de représentation des salariés (les comités d’entreprise, notamment). Cette sociologie est empirique, mais ne refuse pas la théorie. Quant à la sociologie universitaire, elle est, dans l’ensemble, peu soucieuse de s’intéresser de trop près aux affaires de la société. Elle est assez bien représentée par Leopold von Wiese, qui cherche à construire une sociologie des formes de sociabilité en s’inspirant de Georg Simmel. Aux marges de l’université, il existe cependant une sociologie qui refuse de se désintéresser des problèmes sociaux et politiques, et élabore des instruments théoriques.
Karl Mannheim (1893-1947) est un des fondateurs de la sociologie de la connaissance. Dans Idéologie et Utopie (1929-1931), il cherche à démontrer que toute pensée est liée à l’être social de ceux qui la produisent. En ce sens, il n’y a pas de production symbolique qui ne soit idéologique ou ne traduise des points de vue particuliers sur la société. Aucune conception du monde ne peut par conséquent prétendre dire la vérité des rapports sociaux. Le pluralisme culturel et idéologique est inévitable ; la confrontation et la compétition dans le domaine spirituel sont indispensables à la prise en charge des problèmes de la société. La reconnaissance de ce pluralisme ne doit d’ailleurs pas conduire au relativisme et à l’indifférence par rapport aux positions en présence, car il faut tenir compte du fait que les intellectuels en tant que groupe social marginal et mobile peuvent contribuer à éclairer les débats et les enjeux, situer les positions les plus ouvertes et les moins particularistes, c’est-à-dire les plus favorables à la compétition démocratique.
  L’Institut pour la recherche sociale de Francfort
Fondé en 1923, cet institut refuse, comme Mannheim, de se retrancher dans le confort d’une tour d’ivoire universitaire. Dirigé à partir de 1930 par le philosophe Max Horkheimer, il développe des recherches inspirées par le marxisme dans le domaine de la philosophie sociale et de la sociologie. Désireux de rompre avec l’économisme et le dogmatisme des « orthodoxies » marxistes, les membres les plus audacieux de l’Institut intègrent à leur problématique de recherche la psychanalyse, dans laquelle ils voient un moyen de cerner de plus près les pratiques de la classe ouvrière. Dans la grande enquête sur « l’autorité et la famille », ils mettent en lumière les difficultés de la socialisation primaire (dans la famille) et les effets négatifs que cela peut avoir sur les processus de constitution des individus : l’individu qui a subi une socialisation autoritaire tend à reproduire des comportements autoritaires, peu propices à des luttes contre l’oppression et pour l’autonomie ; il faut donc se débarrasser de toute mythologie autour de la conscience de classe et admettre qu’une partie importante des masses peut être sensible à des thématiques réactionnaires, racistes et antisémites.
L’arrivée au pouvoir des nazis marque une césure pour la sociologie allemande, qui perd ses éléments les plus dynamiques, notamment ceux d’origine juive. Karl Mannheim émigre en Grande-Bretagne, l’Institut pour la recherche sociale s’installe à New York, Theodor Geiger s’exile en Suède, etc. Les sociologues allemands vont ainsi enrichir la sociologie des pays d’accueil, surtout celle des États-Unis. L’après-guerre Après les années de guerre, la sociologie dans le monde occidental est largement dominée par la sociologie américaine, qui dispose dans et hors de l’université de moyens considérables et fait preuve d’un haut degré de technicité. Elle lance de grandes enquêtes, comme celle de Samuel Stouffer sur les soldats américains, mais ne se borne pas à être empiriste et pragmatiste ; les préoccupations théoriques ne lui font pas défaut.
Il y a, certes, un très fort courant de recherches appliquées, représenté notamment par Paul Lazarsfeld (1901-1976), mais même ce dernier, à qui l’on doit la Philosophie des sciences sociales (1970), ne dédaigne pas de réfléchir sur les méthodes et les techniques qu’il emploie. On lui doit ainsi des ouvrages - sur l’opinion publique, sur le choix des « acteurs » en matière politique et économique - dans lesquels les références empiriques ne sont jamais coupées de réflexions épistémologiques. Robert Merton, très méfiant à l’égard des théories globales, essaie de trouver les moyens de bâtir des théories de niveau intermédiaire à partir de généralisations prudentes. La préoccupation théorique est encore plus évidente chez Talcott Parsons, qui cherche à construire une théorie générale de l’action à partir de matériaux très divers (psychanalyse, psychologie sociale, etc.). Dès le début des années 1950, il étudie les relations sociales comme un système, en transposant dans le domaine des sciences humaines les théories systémiques utilisées en biologie. On qualifie sa théorie de structuro fonctionnaliste, dans la mesure où elle montre que les transformations incessantes des relations sociales n’excluent pas des rapports invariants et des réseaux d’interdépendances stables entre les acteurs et les institutions. Pour Parsons, il n’y a pas de contradiction entre l’équilibre toujours dynamique des systèmes sociaux et leur différenciation fonctionnelle croissante. Lorsque les systèmes deviennent trop complexes, ils se subdivisent en sous‑systèmes qui répondent aux mêmes impératifs fonctionnels que le système originaire. La régulation des échanges entre les participants au système est assurée par des médias de l’échange, c’est‑à‑dire par des mécanismes de tri et de transmission d’informations et de communication, tels que l’argent au niveau économique.
  • Contre Talcott Parsons (1902-1979)
Les théorisations de Parsons ont été fortement contestées aux États-Unis, en particulier par Charles Wright Mills, qui leur reproche leur caractère critique et surtout leur éloignement par rapport aux relations sociales concrètes. Dans l’Imagination sociologique (1961), il oppose à la « suprême » théorie de Parsons une théorisation moins ambitieuse, mais critique, qui sache prendre ses distances par rapport à ce qui paraît donné et surtout qui fasse jouer l’imagination pour jeter un autre regard sur les rapports sociaux au-delà des cristallisations idéologiques immédiates. Alvin Gouldner, lui aussi, dans la Crise à venir de la sociologie occidentale (1970), remet en question la tendance de Parsons à expliquer les actions et interactions humaines par leurs ajustements à des valeurs culturelles. Les fractures qui parcourent le social, les conflits qui le déstabilisent sont trop facilement renvoyés à des déviances ou à des dysfonctionnements, alors qu’il faudrait y voir des éléments normaux ou ordinaires de la vie de la société. Le structuro fonctionnalisme de Parsons est également rejeté avec beaucoup de vigueur par Harold Garfinkel et les partisans de l’ethnométhodologie, qui mettent, eux, l’accent sur le sens que les acteurs trouvent à leurs conduites sociales quotidiennes dans leurs interactions : ce qui est important, c’est de cerner les formes d’intercompréhension qui apparaissent dans les relations de concertation ou d’affrontement. Au-delà des actions rationnelles (au niveau de l’économie), il faut s’intéresser aux routines dans l’interaction, aux rituels qui structurent le quotidien. Il faut, en fait, dire adieu à la « grande » sociologie, qui croit savoir mieux que les acteurs ce qui se passe dans la société.
  Le cas allemand
En Allemagne de l’Ouest, la sociologie s’est d’abord ouverte très largement à la sociologie anglo‑saxonne. Les sociologues allemands, dans leur immense majorité, se veulent méfiants à l’égard des idéologies et privilégient le travail empirique : à la fin des années 1940 et au début des années 1950 paraissent de nombreux manuels traitant des techniques de recherche. On voit pourtant réapparaître une sociologie conservatrice qui se soucie avant tout de la déstabilisation sociale qu’apporte un progrès technique extrêmement rapide, et qui essaie d’élucider les conditions d’un ordre social qui serait stable grâce à des institutions solidement structurées et bridant les excès de l’individualisme. En opposition directe avec ces thèses, on trouve de jeunes sociologues, comme Theo Pirker et Burkhart Lutz, qui travaillent dans des instituts financés par les syndicats. Pour eux, l’entreprise est un des lieux privilégiés où les hommes peuvent affronter et éventuellement maîtriser le progrès technique. Observant les expériences de cogestion mises en place à partir de 1947, ils veulent une extension des droits des travailleurs dans l’organisation de la production et du travail.
Ces positions sont très peu partagées par la sociologie universitaire, qui s’oriente surtout vers une réflexion sur les sociétés industrielles. Cette sociologie, beaucoup moins académique que celle d’avant 1933, est dominée par René König, qui, émigré pendant la période nazie, est très ouvert aussi bien à la sociologie américaine qu’à la sociologie française (il fait beaucoup pour faire connaître Durkheim et ses disciples). La sociologie universitaire ne refuse plus de se poser des problèmes autrefois écartés : le racisme, la démocratie, la lutte des classes. Elle se donne les moyens de construire une image complexe de la société de l’Allemagne de l’Ouest comme société en voie de modernisation rapide. En outre, son champ va être travaillé en profondeur par le retour de l’Institut pour la recherche sociale à partir de 1950. Max Horkheimer (1895-1973) et Theodor W. Adorno (1903-1969)
Représentants les plus éminents de l’Institut, ils ont pris beaucoup de distance par rapport au marxisme et sont devenus très critiques à l’égard de l’Union soviétique. En même temps, leur rejet du capitalisme, surtout de son industrie culturelle (radio, cinéma, télévision), s’est fait encore plus net. Ils ne s’identifient donc pas aux courants idéologiques dominants et luttent contre le refoulement du passé nazi voulu par une grande partie des élites politiques. Leur position marginale est assez solide, car ils ont acquis notamment des techniques de recherche mises au point dans la grande enquête sur la personnalité autoritaire, et leurs publications couvrent, en une dizaine d’années, un champ très large aussi bien en philosophie qu’en sociologie et obtiennent une grande audience. De façon significative, Adorno est chargé en 1961 de faire un rapport avec Karl Popper sur la méthodologie dans les sciences sociales lors d’une session de travail de la Société allemande de sociologie. C’est le début de longues controverses théoriques qui renouvellent en partie les techniques d’investigation par l’utilisation de méthodes qualitatives et interprétatives. Les conséquences du mouvement étudiant À partir de 1967-1968, la sociologie universitaire allemande est remise en question par le mouvement étudiant. On somme très souvent les enseignants chercheurs de s’expliquer sur leur rôle. Les Länder procèdent à des réformes universitaires importantes qui favorisent l’apparition d’une nouvelle génération d’enseignants chercheurs ouverts à des problématiques néomarxistes et cherchant de nouveaux champs d’investigation (les relations entre sexes, les rapports entre générations, par exemple). La sociologie industrielle et la sociologie des syndicats trouvent dans ce cadre un nouveau souffle. On étudie les grèves sauvages, les effets des transformations technologiques sur les rapports de travail, ceux du chômage, les structures de pouvoir dans la société capitaliste de la maturité ou encore les inégalités dans l’enseignement.
Cette expansion d’une sociologie critique est arrêtée à la fin des années 1970 par le reflux du mouvement étudiant et par le raidissement autoritaire qui se fait jour dans de nombreux milieux face au terrorisme de la Fraction armée rouge. La politique de réformes, voulue un temps par la coalition de gauche au pouvoir de 1969 à 1982, s’épuise.
De nombreux sociologues tentent de trouver des explications à cet échec d’une génération. Certains en viennent à penser qu’il faut substituer aux théorisations néomarxistes des schémas d’explication de la société plus complexes, en cherchant à intégrer des apports divers. C’est ce qui explique le succès dans les années 1980 de Habermas et de Luhmann. Jürgen Habermas (né en 1929) Disciple hétérodoxe de Horkheimer et d’Adorno, il refuse le pessimisme aristocratique et le négativisme de ses deux maîtres, et cherche à synthétiser l’apport des différents courants des sciences humaines. Dans Théorie de l’agir communicationnel, il propose un nouveau paradigme, en l’occurrence un nouveau principe d’explication de la société, construit à partir des fonctions du langage. La communication est la dimension essentielle de l’action sociale, et l’agir communicationnel est l’effort d’intercompréhension entre les membres de la société : il met en œuvre toutes les fonctions du langage, dont certaines seulement sont utilisées dans les relations régulées par les normes sociales ou dans celles qui sont orientées vers la réalisation des buts de chacun. Le monde systémique est celui de l’instrumentalité, des automatismes sociaux, et le problème fondamental des sociétés contemporaines est d’empêcher que les mécanismes systémiques ne colonisent le monde social vécu.
  Niklas Luhmann (1927-1998)
Il a repris en la radicalisant la théorie systémique de Parsons. Pour lui, un système est caractérisé moins par la nature de ses éléments et de leurs relations que par la façon dont il se démarque de son environnement et réduit la complexité de ses rapports avec ce dernier (ce qu’il prend en compte et ce qu’il ne prend pas en considération). Cependant, il ne l’a pas fait à partir d’impératifs fonctionnels comme le pensait Parsons, mais à partir de la production et de la circulation de significations ou de sens pour les acteurs. Cela donne, bien sûr, beaucoup d’importance aux communications, entendues comme des échanges régulés de significations et non comme des échanges intersubjectifs. La subjectivité des acteurs est en quelque sorte entraînée par une dynamique qu’ils ne peuvent contrôler et qui leur distribue du sens par l’intermédiaire de médias de communication. Comme l’a dit aussi Niklas Luhmann, les systèmes sociaux sont autoréférentiels (ils ne se réfèrent qu’à eux-mêmes et non aux acteurs) et autopoïétiques (ils produisent eux-mêmes ce dont ils ont besoin). Tout cela a conduit Luhmann à émettre une conclusion fondamentale : il ne faut surtout pas entraver les agencements systémiques ni introduire des facteurs de rigidité dans le fonctionnement d’un système social.
Bien que très en vogue, le systémisme luhmannien est assez fortement contesté en Allemagne. On lui reproche en premier lieu d’avoir une conception unilatérale de la production du sens en la déconnectant de l’intersubjectivité et des subjectivités en général. On lui reproche également de surestimer les automatismes sociaux et de sous‑estimer les possibilités de changer les règles du jeu. Autrement dit, Luhmann aurait minimisé les possibilités des sociétés à travailler sur elles-mêmes et à produire de la réflexivité.
  • Une sociologie critique
C’est ce qu’affirme, entre autres, un sociologue comme Stefan Breuer, qui voit dans le systémisme un reflet a‑critique du développement incontrôlé et acéphale des sociétés actuelles. Il lui oppose donc une sociologie critique qui se fixe pour objectif l’analyse des tendances autodestructrices présentes dans les sociétés d’aujourd’hui, en raison de changements économiques et sociaux qui ne sont pas maîtrisés. C’est dans la même direction que va la sociologie d’Ulrich Beck, qui se présente comme une sociologie des dangers et des risques que courent les hommes d’aujourd’hui. Son livre principal, la Société à risques (1986), étudie précisément comment les modes de production et de vie actuels multiplient les risques pour aujourd’hui et demain. Les effets externes de l’économie et des rapports sociaux (les effets non voulus) sont très souvent des effets pervers au sens fort du terme (dégâts causés par la pollution, érosion, radioactivité, déchets nucléaires, etc.). Pour Ulrich Beck, les sociétés actuelles doivent en conséquence se rendre compte qu’elles sont fragiles et même mortelles, et qu’il leur faut de toute urgence produire des mécanismes compensateurs au cœur même des rapports économiques et sociaux. La sociologie doit notamment s’interroger sur ce que peuvent être les actions collectives et les mouvements sociaux dans des contextes dominés par les mass media.
  • L’essor de la sociologie française
En France, la sociologie est d’abord et surtout une sociologie de chercheurs à la fin des années 1940. Les recherches les plus importantes concernent les rapports de travail. Georges Friedmann (1902-1977) publie en une décennie trois ouvrages importants - Problèmes humains du machinisme industriel (1947), Où va le travail humain ? (1950), le Travail en miettes (1956) -, où il analyse les effets aliénants de la division taylorienne et s’interroge sur les possibilités de faire du travail une activité gratifiante. Pierre Naville (1904-1993), lui, appréhende les rapports de travail comme des rapports sociaux organisés autour du salariat et marqués par des transformations technologiques ininterrompues. Il publie en 1959 une enquête menée par le CNRS sur l’automatisation dans l’industrie française. Et il fait paraître, en 1963, un livre intitulé Vers l’automatisme social. Parallèlement au travail de Naville, Alain Touraine explore les rapports complexes entre technologie, situations de travail et conscience ouvrière dans l’Évolution du travail ouvrier aux usines Renault (1955) et la Conscience ouvrière (1966). Selon ses analyses, le travail industriel n’est jamais exécution passive d’injonctions venues d’en haut, mais constitue un système d’action historique où l’opposition au capital se conjugue avec la recherche de transformations positives des relations existantes.
  • Des domaines spécialisés
Dans les années 1950 et 1960 se constituent des sociologies spécialisées, comme la sociologie rurale, la sociologie des religions, la sociologie urbaine, qui, elle-même, se ramifie, la sociologie de l’éducation, de la culture, etc. Il n’est guère de domaine qui échappe à l’investigation, et les méthodes de recherche sont de plus en plus élaborées. Raymond Boudon fait connaître le travail méthodologique de P. Lazarsfeld dans le Vocabulaire des sciences sociales (1965). La discipline s’institutionnalise : le Centre national de la recherche scientifique et la VIe section de l’École pratique des hautes études, notamment, recrutent de nombreux jeunes chercheurs et créent des laboratoires relativement bien dotés. Indéniablement, on commence à mieux connaître la société française, qui se transforme très rapidement.
    • Les différentes orientations de la sociologie
Dans les années 1950, la sociologie n’est pas encore pleinement reconnue dans l’Université. Georges Gurvitch développe une sociologie de la liberté humaine et de ses conditions dans Déterminismes sociaux et liberté humaine (1955), et Raymond Aron (1905-1983), nommé en 1956 à la Sorbonne, présente une sociologie globalisante des sociétés industrielles (de l’Est et de l’Ouest), qui s’interroge aussi bien sur leur dynamique sociale que sur leur dynamique politique (Démocratie et Totalitarisme, 1965). Ce dernier, qui se réfère à Max Weber et à la sociologie américaine, s’oppose sur des points fondamentaux aux théorisations marxistes de la société. Dans la Lutte des classes -Nouvelles leçons sur les sociétés industrielles (1964), il envisage une pacification progressive des conflits de classe ainsi que le rapprochement graduel de l’Ouest et de l’Est, sur la base du système occidental. Ce point de vue est, au moins partiellement, contesté par deux sociologues marxistes : Henri Lefebvre, qui s’oriente vers la sociologie du quotidien, la sociologie rurale et, surtout, la sociologie urbaine - on lui doit notamment l’idée que l’espace urbain et son organisation sont produits socialement ; et Lucien Goldmann, disciple du philosophe hongrois György Lukács, qui s’intéresse essentiellement au domaine de la culture : pour lui, les créations artistiques sont en correspondance avec les situations et problèmes des groupes sociaux (Structures mentales et création culturelle, 1970).
    • Perspectives nouvelles
Après 1968, les objets de recherche changent : des sociologues du travail se tournent vers l’étude des grèves et des mouvements revendicatifs ; plusieurs laboratoires étudient les femmes et le mouvement féministe. Certains sociologues se demandent quel est leur rôle et celui des institutions où ils sont insérés. Ils renouvellent leurs problématiques. Ainsi, Michel Crozier, qui se consacre à la sociologie des organisations, s’interroge sur les blocages des administrations (la Société bloquée, 1970). Il oppose à un modèle d’organisation trop linéaire et hiérarchisé un modèle souple et perfectible qui laisse beaucoup plus d’autonomie aux acteurs. Raymond Boudon, qui reconnaît la déstabilisation de la sociologie française au début des années 1970, essaie de montrer qu’elle est surtout une crise des sociologues, engendrée par la propension de ces derniers à mettre en avant des systèmes explicatifs trop ambitieux, à rechercher des théorisations totalisantes. La sociologie, selon lui, doit se faire modeste et montrer, d’une part, que la société peut être fortement marquée par les effets non voulus, inattendus, des actions humaines (Effets pervers et ordre social, 1977), d’autre part, qu’on ne peut prétendre la façonner à partir de programmes globaux ou d’utopies planificatrices.
    • L’objectivité sociale
Au cours de cette même période, c’est la sociologie de Pierre Bourdieu qui a le plus de succès. Son premier objectif, en effet, est de démontrer la sociologie spontanée des acteurs, c’est‑à‑dire les schémas interprétatifs qu’ils développent dans l’action et que les sociologues reprennent trop souvent à leur compte. Faire de la sociologie, selon Bourdieu, implique donc que l’on passe au crible les représentations les plus communément admises et que le sociologue questionne lui-même, de façon rigoureuse, ses « pré‑jugements » (le Métier de sociologue I, Préalables épistémologiques, 1968).
Pour élaborer de véritables concepts, le sociologue doit en fait dépasser les impressions subjectives des acteurs ou les opinions qu’ils peuvent émettre immédiatement dans une enquête : il faut qu’il arrive à mettre en évidence le principe générateur des conduites (l’habitus) des acteurs qui permet de relier leur subjectivité au champ de l’objectivité sociale.
En ce sens, les acteurs ou agents sociaux doivent être saisis dans les contraintes qu’ils subissent, mais aussi dans les activités qui modifient sans cesse ces contraintes. Le social est toujours en voie de restructuration en fonction des conflits entre les groupes sociaux pour déterminer les conduites légitimes (la
Distinction : critique sociale du jugement, 1979) et garantir l’accès aux ressources matérielles et symboliques. Les agents et les groupes sociaux ne cessent de se classer les uns les autres, et donc d’être classés eux-mêmes à partir de critères de classement qui sont aussi des enjeux sociaux de première importance.
    • Acteurs sociaux et récits de vie
Au cours des années 1980, les courants contestataires s’épuisant peu à peu, il n’y a pas de controverses majeures. Raymond Boudon poursuit son travail de décapage des illusions des intellectuels dans l’Idéologie ou l’Origine des idées reçues (1986), et publie avec François Bourricaud un Dictionnaire critique de la sociologie (1982) qui défend les positions de l’individualisme méthodologique (le collectif se comprend à partir de l’individuel). Alain Touraine développe une nouvelle méthode d’investigation qu’il appelle l’« intervention sociologique ». Elle consiste à faire vivre le sociologue dans des mouvements sociaux pour questionner et dialoguer avec les acteurs. Avec ses collaborateurs, il étudie ainsi le mouvement étudiant (le Mouvement de Mai, ou le Communisme utopique, 1968), le mouvement antinucléaire, le mouvement Solidarité en Pologne, le déclin du mouvement ouvrier organisé dans la sidérurgie lorraine (la Société postindustrielle, 1969). À travers de telles enquêtes, il s’agit de dépasser les analyses abstraites et statiques faites en termes de classes en leur substituant des analyses sur les modalités de rassemblement des acteurs à partir de situations communément vécues et historiquement déterminées. La sociologie devient réflexive au sens où elle essaie de comprendre le travail des acteurs sur leurs propres relations sociales.
Dans Critique de la modernité (1992), Alain Touraine s’oppose de façon significative aux conceptions qui voient dans le développement de l’individualisme un affaiblissement des liens sociaux. Selon lui, on est confronté au contraire à des processus de subjectivation (de transformation des individus) qui sont portés par des mouvements sociaux (le mouvement des femmes, par exemple).
    • La demande sociale
Il y a aussi beaucoup de diversité dans les recherches empiriques aux ambitions plus modestes. Certaines s’inspirent de l’ethno‑méthodologie pour explorer les relations quotidiennes, d’autres se servent de récits de vie ou de biographies pour étudier les changements sociaux. On se penche également sur le local, c’est‑à‑dire sur la territorialisation des relations sociales, et sur la diffusion dans ce cadre des innovations (au‑delà de la production, l’impact des innovations technologiques sur les communications, la consommation et les modes de vie). Les questions de l’immigration et de l’intégration des immigrés obtiennent droit de cité, et les études sur ces sujets connaissent une progression spectaculaire.
De même, les enquêtes sur le mal de vivre des jeunes, la délinquance, la toxicomanie (par exemple la Galère : jeunes en survie, de François Dubet), l’enseignement (École et savoir dans les banlieues... et ailleurs, de Bernard Charlot et al.) se multiplient. Le sociologue répond de plus en plus à des commandes sociales urgentes (par exemple, sur le chômage) et, involontairement le plus souvent, devient consultant pour les politiques publiques. On lui demande de fournir rapidement des éléments de jugement sur des problèmes sociaux difficiles ainsi que des indications sur les politiques possibles. La sociologie empirique risque de se laisser entraîner dans les problématiques implicites de ses commanditaires et les perspectives souvent courtes des organismes étatiques.
La sociologie s’implique de plus en plus dans les pathologies sociales pour y trouver des réponses, les connaissances qu’elle produit sont de plus en plus utilisées, et elle devient accessible à un très large public. Paradoxalement, la sociologie parvient, dans de nombreux milieux, à transformer les images de la société qu’ils peuvent avoir, parce qu’elle corrige avec efficacité leurs représentations, mais, en même temps, son nouveau pragmatisme la rend dépendante de ce qu’on lui demande et des moyens qu’on lui accorde. Il lui faut donc en permanence réaffirmer son indépendance dans des conditions de plus en plus difficiles, particulièrement face aux modes et aux courants qui traversent la politique et la culture. La sociologie ne peut pas se dispenser de s’interroger sur sa propre efficacité, de réfléchir sur l’ambiguïté de ses résultats, sachant que les conflits et les contradictions du social peuvent influencer la production des connaissances.
La transformation de la société
Depuis le début des années1990, la sociologie est confrontée à des défis majeurs. Le cadre national, qui a été depuis des siècles le lieu où se sont produits et reproduits les rapports sociaux, est fragilisé par la mondialisation des rapports économiques. Il en résulte dans de nombreux pays une déstabilisation économique et sociale.
Le mouvement ouvrier n’a plus, dans les États occidentaux, la même force d’encadrement et d’intégration qu’au cours des années 1950. Il ne propose plus de version crédible d’une transformation des rapports sociaux. Après l’épuisement des thématiques sociales‑démocrates de protection sociale intégrale, après l’effondrement de la plupart des pays du « socialisme réel », il semble ne plus y avoir de cap à garder pour maîtriser le changement social. Le philosophe Francis Fukuyama peut proclamer la Fin de l’histoire et le dernier homme (1992), mais il ne peut vraiment convaincre, car l’extension dans l’espace et le prolongement dans le temps des rapports sociaux actuels apparaissent difficiles et peuvent avoir des conséquences catastrophiques.
Les difficultés des États nationaux et les désordres à l’échelle internationale suscitent des replis sur des positions ultranationalistes ou ethnicistes. L’exclusion sociale multiplie les pathologies et les déviances et, par contrecoup, favorise le repli et les réactions sécuritaires dans de nombreuses couches sociales.
La sociologie doit essayer d’éclairer la dramaturgie sociale, c’est‑à‑dire le monde social vécu par les acteurs, les formes sociales dans lesquelles s’organisent les relations entre groupes et individus, les réseaux d’interactions et de communication. Il lui faut comprendre les effets, positifs ou négatifs, de certains agencements sociaux, saisir la part de cécité qu’il peut y avoir dans certaines crispations culturelles (les fondamentalismes, par exemple). En d’autres termes, la sociologie doit permettre à la société de s’autocritiquer en lui apportant plus de réflexivité. Pour cela, il lui faut être capable de se critiquer elle-même en faisant une sociologie de la sociologie, en réfléchissant sur sa propre contextualité, c’est‑à‑dire sur les conditions concrètes de son travail et sur les conditionnements qui pèsent sur elle. Cette thématique, présente dans la sociologie depuis longtemps, est plus que jamais d’actualité, parce qu’elle seule peut empêcher la sociologie de tomber dans l’indifférence et de se laisser aller aux mouvements de la société.
  • Les techniques et méthodes de la sociologie
La sociologie utilise des méthodes et des techniques très variées en fonction des objets qu’elle étudie. Elle s’appuie d’abord sur l’outil statistique pour mettre en lumière des relations entre les données sociales qu’elle peut recueillir. Ainsi, dans son ouvrage classique, le Suicide, Émile Durkheim a établi des corrélations entre suicides et pratiques religieuses. Mais la sociologie ne peut se contenter de travailler sur des données qui lui sont apportées par les économistes, les démographes, les pouvoirs publics, etc. Pour progresser, il lui faut souvent elle-même construire des données en essayant de faire parler les acteurs et les contextes dans lesquels ils se trouvent. En ce sens, il ne peut y avoir de sociologie si l’on ne procède pas à des enquêtes.
Le questionnaire
La forme la plus commune en est l’enquête par questionnaire, qui recueille des opinions et dévoile des attitudes sur certains problèmes en les mettant en rapport avec des caractéristiques des populations étudiées considérées comme significatives (âge, sexe, profession, lieu d’habitation, etc.). Dans ce cadre, les personnes interrogées doivent être représentatives de la population que l’on veut étudier : on sélectionne donc un échantillon représentatif (tirage au sort d’un dixième ou d’un centième de la population concernée, sélection par quota en fonction des qualités des individus considérées comme essentielles). En corrélant ensuite opinions ou attitudes (quantifiées en pourcentage) avec les variables indépendantes (âge, sexe, etc.), on obtient des informations précieuses sur le positionnement des groupes sociaux et des individus dans des situations spécifiques.
L’enquête par questionnaire présente des inconvénients. Les questions (ou items) prédéterminent en partie les réponses, malgré toutes les précautions prises. Les opinions exprimées ou les attitudes affirmées peuvent très bien ne pas correspondre aux comportements profonds.
C’est pourquoi on complète les enquêtes par questionnaire par des enquêtes dites qualificatives : on procède à des entretiens prolongés, semi-directifs ou non directifs, où l’on cherche à faire apparaître l’origine du comportement des individus, leurs schémas d’interprétation de la réalité sociale et les matrices de leurs pratiques. On ne cherche plus, à proprement parler, le représentatif, mais le significatif (en choisissant des sujets typiques dans des situations bien déterminées).
L’enquête qualitative
Elle peut par ailleurs être dynamisée par la participation des enquêtés : on leur fait notamment découvrir des aspects jusqu’alors ignorés par eux de leurs actions et relations sociales.
On peut aller encore plus loin en organisant de véritables groupes d’enquêtés relativement homogènes du point de vue de leurs caractéristiques, que l’on confronte collectivement (dynamique de groupe) à des problèmes et des situations tirés de la réalité sociale, quoique formulés par les enquêteurs.
  L’enquête « sur le terrain »
Utilisant de plus en plus les méthodes de l’ethnologie, les sociologues vont vivre avec ceux qu’ils étudient, observant de très près leurs rites et comportements quotidiens, les relations de voisinage, les rapports entre générations, les loisirs et les fêtes, les idiomes spécifiques à tel ou tel milieu (tics de langage, par exemple).
Pour obtenir de bons résultats, les sociologues doivent se familiariser assez longuement avec leur objet et, surtout, sélectionner soigneusement leurs informateurs. Observateurs participants, il leur faut garder une certaine distance par rapport à leur propre subjectivité et par rapport à la spontanéité des acteurs qui les entourent. La réflexion sociologique sur les récits de vie se développe et les biographies recueillies par des enquêteurs se multiplient.
On essaie par là de saisir des parcours sociaux significatifs ainsi que leur dynamique (par exemple, les changements dans la famille ou dans les habitudes de vie).
Histoire de la sociologie


Donald LEVINE : les théories produites par les sociologues ne peuvent être comprises que dans le contexte social de leur création.
  • Esquisse d’une genèse de la sociologie
    • Aristote : (Stagire, Macédoine, 384 av. JC - Chalcis, 322 av. JC). Il propose une distinction entre les sciences théoriques qui porte sur la nature et les sciences de l’action qui portent sur le monde humain.
A l’intérieur des sciences de l’action, il relève une contradiction :
  ces sciences reposent sur l’idée de nature (des lois inflexibles)
  La notion d’action repose sur l’idée de choix
Aristote part du Holisme et tend vers le déterminisme.
La contradiction est inscrite dans la nature de l’être humain : il est à la fois contraint par sa nature et est également un être avec des décisions libres.
Trois types de causes expliquent l’action humaine selon Aristote :
  Des causes matérielles : passion qui sont inscrites en nous.
  Les causes formelles : les vertus et les défauts que nous avons acquis par l’éducation (« la forme du vase reflète l’action du potier »).
  Les causes finales : la perfectibilité qui est ce vers quoi tend naturellement l’être humain (comme la pierre tend naturellement à retomber au sol).
    • Thomas Hobbes : 16éme siècle, Angleterre : formé avec la pensée d’Aristote. Mais il remet en question cette pensée lorsque Galilée lui montre que l’état naturel des objets n’est pas le repos mais le mouvement.
Il en déduit que les hommes sont des êtres de désir insatiable. Le monde social est le produit des rencontres entre ces êtres, êtres qui sont en mouvement incessant.
La période de Thomas était très agitée. L’autorité royale était très remise en question. Comment aller vers l’ordre social ?
Dans l’état de nature, chaque homme voulait prendre le dessus sur ses voisins. Il fallait sortir de cet état de nature. Pour cela, les hommes ont décidé d’aliéner leur liberté en déléguant la totalité de leurs libertés à un souverain qui assure leur protection. La société est ainsi le produit d’un contrat social.
    • John Locke : 17ème siècle : il transforme la théorie de Hobbes. Il évolue dans une situation politique différente : le souverain n’est plus remis en question.
Comment assurer les libertés individuelles et mettre fin aux conflits religieux ? Il est un idéologue de l’état minimal (théoricien du libéralisme politique). Il suit les principes de Mandville comme quoi les vices privés se transforment en vertus publiques. Pour Locke, il suffit de laisser libre cours au individu et de faire en sorte que le souverain ne s’immisce pas dans les choix des individus.
    • Montesquieu (17-18ème) : il a introduit les premières notions de sociologie. Il publie en 1748 : « De l’esprit des lois ». Il établit des relations stables entre les institutions juridiques et politiques et les conditions de vie des individus en société.
Il se penche sur le pouvoir politique et en sort une théorie : les principales formes du politique avec l’idéal social dominant. Quand l’idéal social diminue, le régime se corrompt. Il propose le principe de séparation des pouvoirs. Il pose l’indépendance entre les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires.
Il intéressera Durkheim. « Non seulement Montesquieu a compris que les choses sociales sont objets de science, mais il a établit les notions clés indispensables à la constitution de cette science ».
    • Rousseau (18ème siècle) : Il croit en la bonté originelle de l’homme. « Du contrat social ». Il rappelle que l’état social est nécessaire car il substitue la Raison à l’impulsion. Il propose une nouvelle théorie pour légitimer le pouvoir, elle repose sur trois notions :
  Fraternité,
  Egalité
  Liberté
Rousseau, en pensant le contrat social, pense le « vivre ensemble ».
Il disait que « la société était une entité morale ayant des qualités spécifiques distinctes des êtres individuels qui la composent ». Comparaison avec les molécules ayant des propriétés que n’ont aucun des atomes les constituant.
Il n’est pas un fondateur de la sociologie mais un précurseur.
    • Siècle des lumières (18ème) : émergence d’idées basées sur une vision individualiste de l’être humain. Née de la liberté et de la démocratie. Mais apparition d’une certaine nostalgie pour l’ordre traditionnel.
    • 19ème : différents courants idéologiques :
  Le libéralisme politique et économique : force d’émancipation par rapport aux entraves de la tradition.
  Le radicalisme propose d’émanciper l’être humain par la révolution. (Marx)
  Le conservatisme : valoriser l’héritage ancien. L’être humain est social par essence et c’est dans la communauté que réside tout ce qui fait son humanité. C’est dans la communauté que les hommes apprennent à s’apprécier.
A la notion libérale d’individu, la pensée conservatrice oppose la communauté.
  Individu versus communauté
  Egalité versus hiérarchie
  Rationalité versus sacré.
    • Auguste Comte (19ème) : la sociologie a été pensée en terme de physique sociale. Volonté de constituer une science qui appliquerait des méthodes scientifiques à l’homme.
  Période marquée par le scientisme : courant philosophique considérant que la connaissance ne peut être atteinte que par la science et que la connaissance scientifique suffit à résoudre les problème philosophiques.
  La physique sociale cherche à acquérir un savoir aussi peu discutable que la physique mais à propos es activités collectives humaines. La sociologie actuelle ne cherche plus à établir des lois mais remplace des lois par des analyses statistiques « il y a de forte probabilités que... ».
Il invente le terme de sociologie en 1839. Avec lui, la sociologie commence à devenir une science.
Définition : « étude positive de l’ensemble des lois fondamentales propres au phénomènes sociaux ». Il établit une loi progressive, générale et linéaire de l’esprit humain : tous les domaines de la connaissance passent par trois étapes successives :lois des 3 états. Il voit ces trois étapes dans la constitution des sciences, de l’esprit humain et dans la constitution des sociétés.
  Etat théologique ou fictif : il s’agit des croyances, brut de pomme, Etat non travaillé.
  Etat métaphysique ou abstrait : on commence à faire une réflexion sur l’état théologique. Il n’y a pas encore de connaissance mais on est en phase de recherche, de réflexion, d’opposition à l’ordre naturel des croyances.
  Etat scientifique ou positif : phase de réorganisation de l’esprit humain, de la société, des sciences.
La sociologie distingue trois démarches possibles :
  l’observation
  la comparaison
  l’expérimentation
La sociologie actuelle ne repose que sur l’observation et la comparaison car il est difficile de faire des expérimentations.
Comte propose une comparaison historique.
    • Karl Marx (19ème) : on le considère comme un pilier de la sociologie. « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter différemment le monde, il s’agit maintenant de le transformer ».
Deux termes importants :
  Holisme : « conception selon laquelle on ne peut pas comprendre les comportements sociaux à partir des seuls comportements individuels ». L’individu est déterminé par les structures de la société. « Ce n’est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, c’est au contraire leur existence sociale qui détermine leur conscience ».
Pour Marx, la société pèse de tout son poids sur l’individu.
  Le changement social : transformation du système social ou d’une partie de ce système, évolution des structures et des comportements sociaux.
Marx a une approche holiste de la société qui repose sur deux concepts centraux :
  Mode de production : il est constitué par les forces productives : les machines, les savoirs techniques, la force de travail, savoirs scientifiques. Le mode de production est travaillé par les rapports de production. Pour Marx, il y a différents modes de production qui ce sont succédés.
La société du 19ème est marquée par la division entre la classe des ouvriers prolétaires et la classe des capitalistes propriétaires. L’ensemble de la société est influencée par l’organisation de la production. Cette influence dépasse les conditions de vie des membres de la société. L’ensemble des caractéristiques de la société sont influencés par la production (vision holiste).
Il y a une prédominance du tout (de la société) sur les parties (les individus).
L’idéologie dominante des sociétés, pour Marx, sert toujours les intérêts de la classe dominante.
  Les classes sociales.
La méthode de Marx :
La sociologie du pouvoir : courant de la sociologie qui s’intéresse aux relations de pouvoir dans les sociétés.
Marx présente son analyse comme scientifique. Il met en lumière les structures de la société. Pour expliquer la société toute entière.
Structure : « élément fondamental et relationnel stable d’un ensemble social » ou « ensemble d’éléments interdépendants ».
Il y a très peu, aujourd’hui, de sociologues cherchant à expliquer la société toute entière : Alain Touraine, Raymond Boudon et Edgar Morin.
Il cherche également à mettre en lumière les mécanismes de changement social. L’approche de Marx ne peut être que globale et doit s’appuyer sur l’observation du réel.
Ce qui intéresse la sociologie est le conflit. Celui-ci prend racine dans l’économie et se renforce dans les structures politiques.
Epistémologie de la pensée de Marx :
Approche déductive/ inductive.
Marx a créé un modèle qui n’est pas une réalité absolue.
« Les représentations que se font les hommes du réel dans lequel ils vivent dépendent avant tout de leurs conditions sociales d’existence ». Concept qui sera reprit par Habitus/Pierre Bourdieu.
  • L’institutionnalisation de la sociologie
    • Emile Durkheim (19ème siècle) : avant lui, la sociologie ne s’est pas encore détachée de la philosophie.
Son travail trouve sa reconnaissance en 1913 : Il aura la première chaire de sociologie. Le travail sociologique trouve ses lettres de noblesse lorsque Durkheim fonde l’école de sociologie française. Il pose trois préceptes que doit comporter un travail sociologique :
  Définition d’un phénomène (le fait social).
  Réfutation des interprétations antérieures dans l’idée de se détacher du sens commun (se détacher pour être le plus objectif possible).
  Produire une explication sociologique et uniquement sociologique du phénomène sur lequel on travaille.
« Il faut considérer les faits sociaux comme les choses ».
Sociologie : La sociologie doit faire des découvertes ou du moins établir des faits mais en plus chercher des modèles explicatifs efficaces et non pas simplement plausibles.
Il faut donc une distance par rapport aux choses, ne pas s’y impliquer émotionnellement. En cela, la compréhension d’u phénomène ne peut résulter que de son traitement objectif.
La sociologie doit rechercher la cause du phénomène et sa fonction sociale. Elle pourra alors avoir une fonction curative, c’est à dire guérir les sociétés malades et en reconnaître les maux.
« La caractéristique du fait social, c’est qu’il exerce une contrainte sur l’individu ». Le phénomène social s’impose à l’individu en tant que contrainte. Cette contrainte apparaît comme un sentiment coercitif qui s’impose à tous et qui engendre une réaction collective.
    • Marcel Mauss (19éme) : proche d’Emile : neveu et plus proche collaborateur. Spécialiste en ethnologie et en histoire des religions : école française d’ethnologie. Il a formé Claude Lévi-Strauss.
Principal apport : fait social total. Ne pas réfléchir sur les groupes sociaux dans lesquels on va s’introduite en les découplant de la société. Paradigme de la pensée complexe : on ne peut penser le social sans l’économique et sans la politique.
Ont suivi les préceptes de Mauss :
  Loic WACQUANT (assistant de Pierre Bourdieu) a fait une étude sur la boxe.
  E. Goffman : s’est fait enfermer dans un hôpital psychiatrique pour effectuer "observation participante".
    • Max Weber (19éme-20éme) : institutionnalise la sociologie. Durkheim le considère comme un économiste et non un sociologue. Il est le contemporain d’un monde où va s’imposer le capitalisme, où émerge une identité citoyenne et démocratique. Il se méfie de la notion de progrès. Il voit en celui-ci des évolutions paradoxales. Processus de rationalisation des activités : désanchentement du monde.
La sociologie compréhensive : s’oppose totalement au positivisme. Il précise que la sociologie n’existe pas pour diagnostiquer les problèmes de la sociétés. Elle sert juste à comprendre. Pour Weber, la sociologie repose sur :
  La compréhension des activités sociales
  L’interprétation des activités sociales.
Activité sociale = Activité qui, d’après le sens visé par l’agent, se rapporte au comportement d’autrui prise en compte par l’agent.
Le processus de rationalisation : travail sur l’économie, le droit, la religion (rôle de la religion dans le développement économique) , le rapport entre science et politique.
Son analyse s’appelle l’idéal type : modèle qui grossit et simplifie les éléments de la réalité.
Objectif : mettre en évidence de façon claire et logique les relations préexistantes ou possibles entre les différents éléments du modèle. Weber s’est intéressé à la bureaucratie : il définit un idéal type de ce qu’est la bureaucratie, c’est à dire une forme pure qui existe de manière abstraite dans l’idéal. Il s’agit d’une organisation hiérarchisée avec différentes caractéristiques :
  Chaque membre a des fonctions clairement définies
  Les décisions sont prises en fonction d’un système cohérent de règles.
  Système laissant peu de place à l’initiative personnelle
  Les membres sont nommés au position qui sont les leurs en fonction de leur compétence.
Les phénomènes sociaux sont expliqués par les raisons des actions individuelles. Il va poser quatre modèles de rationalités possibles qui expliquent les phénomènes sociaux :
  La rationalité instrumentale ou rationalité en finalité : se rapproche du concept d’homo oeconomicus : met en ordre, en adéquation les objectifs et les moyens de ses objectifs. Atteindre les bus fixés avec une efficacité optimale.
  Rationalité axiologique ou rationalité en valeur : ce que va faire la personne sera orienté selon les valeurs de l’individu. Les valeurs deviennent des raisons légitimes. L’important n’est plus l’objectif mais les valeurs qui vont orienter l’action. L’individu ne se préoccupe pas aux résultats de ses actions mais il va s’intéresser aux valeurs qui vont être à l’origine de ces actions. L’individu recherche la valeur pour elle-même.
Les deux autres modèles sont à part pour expliquer l’action, l’activité des gens mais pour lui, ce ne sont plus des rationalités.
  Le modèle de la tradition.
  Le modèle de l’émotion : nos réflexes ne sont pas parfois cadrés par une réflexion. Ce modèle repose sur un aspect irrationnel et mécanique.
Max a également beaucoup pensé au concept de modernité : La modernité se caractérise par un processus approfondi de rationalisation des activités sociales. Ce processus est double chez Weber : D’un coté, les hommes se posent des questions existentielles et d’un autre coté, les hommes visent des intérêts en terme de ressources matérielles.
Weber a écrit que le protestantisme a permis d’apporter des éléments qui ont favorisé l’implantation du capitalisme. L’éthique protestante et le capitalisme se mariaient bien.
Pensée de Weber :
   Besnard, P : Protestantisme et capitalisme, la controverse post wébérienne.
   Boltanski, L et E. Chiapello : le nouvel esprit du capitalisme.
Durkheim et Weber sont les pères fondateurs de la sociologie. Ils sont également fondateurs de 2 grands courants, pôles de la sociologie.
Qu’est ce que la sociologie ?

4 novembre 2006
Premier mot français formé avec un préfixe latin et un suffixe grec, le terme de sociologie a été inventé au 18éme siècle par Auguste Comte. Il avait dans son projet de réunir toutes les sciences ayant pour objet l’être humain (histoire et économie entre autres).
Histoire de la sociologie
Scission dans les courants de la sociologie :
  Holisme : Durkheim (Norbert Helias + E.Morin) : 1+1 = 3
Edgar Morin : (Edgar Nahoum). Sociologue et philosophe français (Paris, 1921). Observateur de la réalité sociale, il a principalement axé ses recherches sur l’analyse des phénomènes de désordre socioculturel (ce qu’il nomme l’irrégulier, le déviant, l’incertain, l’indéterminé, l’aléatoire) et sur la connaissance de l’organisation même des choses (l’unité du multiple dont il s’agit de faire émerger la complexité par la reparadigmatisation de la pensée).
  Individualisme méthodologique (Max Weber)
Max Weber : Économiste et sociologue allemand (Erfurt, 1864 - Munich, 1920) : Reconnu comme l’un des fondateurs de la sociologie, Max Weber fut, avec Georg Simmel, un analyste de la modernité, qui voyait dans la tendance croissante à la rationalisation une caractéristique spécifique du développement de la civilisation occidentale. Pour lui, la sociologie devait être une science « compréhensive » et « empirique » de l’activité sociale, dont l’« idéal‑type » constituait l’outil conceptuel le plus approprié.
  • Définition de science de la sociologie
Robert : étude scientifique des faits sociaux : science de ce que l’on peut observer dans le social ou de social. Fait : ce que l’on constate par l’observation
Maître mot en sociologie : la déconstruction.
  Définition plus précise : Ensemble de connaissances ayant pour objet l’étude de faits et de relations causales vérifiables selon des méthodes vérifiées (méthodes déterminées).
  Méthodes vérifiées : Observation (utilisée en sociologie) expérience (pas d’expérience en sociologie depuis Mayo).
Elton Mayo : Les enquêtes d’Elton Mayo (1880-1949) sont exemplaires dans le domaine de la sociologie industrielle : au cours des années 1920, il étudie la satisfaction ou l’insatisfaction au travail dans des établissements de la Western Electric, et montre que l’organisation scientifique du travail (taylorisme) se heurte à des résistances irréductibles chez les ouvriers, qui y opposent leur propre organisation informelle. Aussi, dans les Problèmes humains de la civilisation industrielle (1933), essaie-t-il de montrer qu’il faut tenir compte de cette capacité de réaction et qu’il faut établir des relations de travail plus souples, plus soucieuses du facteur humain dans les entreprises. À partir du travail de Mayo, d’autres études feront progresser très vite la connaissance du monde industriel et, particulièrement, celle des relations entre direction et ouvriers.
La sociologie observe les gens in situ. Matériau de la sociologie = individus en groupe. Elle formule ensuite des hypothèses pour cadrer les recherches. La sociologie est à la frontière de l’induction (on part des lois vers les faits) et de la déduction.
En sociologie, on travaille sur les individus en groupe, on ne peut donc sortir de lois générales sur les individus en groupe. En effet, si le sociologue produit une analyse, sorte de vérité générale sur le groupe, si on essaye d’agir sur le groupe en fonction des résultats de l’analyse, en réaction, le groupe change et l’analyse n’est plus pertinente !. Il ne peut y avoir de loi pure et inflexible en sociologie : c’est notamment ce qui sépare les sciences dures des sciences humaines.
  Déduction : Les lois sont remplacées par des récurrences (aucune loi n’est à 100% vraie). Exemple : BOURDIEU, La reproduction sociale. Ce n’est pas parce que ma famille est ouvrière que je serai ouvrier mais il y a de fortes chances qu’un ouvrier soit issu d’une famille d’ouvrier. On remplace les lois par des récurrences statistiques.
  Induction : On part de cas particuliers pour aller vers des propositions générales en proposant des explications causales (de cause à effet).
  • Définition générale de social et société
Le social et la société sont définis dans le sens commun et dans le langage savant. Le problème est souvent que le sociologue étudie les individus c’est à dire le monde dans lequel il vit. La sociologie a une histoire, des courants et des pères fondateurs.
La définition de la sociologie n’est pas la même dans le sens commun et dans le sens savant.
  Dans le sens commun : social = plus ou moins société. Est également social tout ce qui fait problème (mouvements sociaux, chômage, drogue...). L’idée de société sous entend une opposition entre la liberté individuelle et la liberté politique.
  Pour le holisme : société = ensemble d’individus avec quelque chose en plus.
  Pour l’individualisme : juste des relations entre des gens.
La sociologie n’apporte pas des solutions aux problèmes sociaux mais les étudie.
  • La sociologie et ses objets.
La sociologie s’intéresse aux systèmes de contraintes mais aussi à la liberté, aux états, aux groupes éphémères (réseaux sociaux).
1er Objectif : faire apparaître les mécanismes sociaux (en général invisibles).
    • Intériorité, extériorité et première approche de concept opératoire
Le mot « objet » renvoie à une opposition bien connue (en philosophie notamment) entre objectif et subjectif.
Objectif : ce qui existe en dehors de moi.
Subjectif : ce qui n’existe pas en dehors de moi. Qui existe grâce à la représentation que j’ai des choses. La représentation que je possède, je l’ai héritée des éléments fondateurs (familles, culture, classe, pays...).
Comment la société imprime sa marque en chacun de nous ? Habitus de classe de Pierre Bourdieu.
La sociologie a un autre objectif : comprendre les relations que l’individu entretient avec la société mais pas seulement en tant qu’extériorité (en se considérant comme extérieur à la société).
La socialisation : processus par lequel les membres d’une société intériorisent les valeurs et les normes de la société dans laquelle ils vivent.
  Quelques définitions :
  valeurs : manières de faire, d’agir et de penser considérée comme idéale par un individu, un groupe social ou une société et ces valeurs ne sont pas indépendantes mais organisées (système de valeurs) mais également hiérarchisée (échelle des valeurs) et elles s’incarnent dans les normes sociales.
  Normes : règle explicite ou non qui est plus ou moins contraignante et qui est légitimée par des valeurs et qui oriente les comportements des membres d’un groupe social par l’intermédiaire de sanctions (pas des sanctions légales).
  Habitus : ensemble des dispositions durablement acquises par les individus dans leur milieu social d’origine et qui génère des représentations (les manières de voir le monde) des goûts et des pratiques.
On distingue deux formes de socialisation :
  La socialisation primaire : elle se réalise au cours de l’enfance. Se forme l’habitus (concept de Pierre Bourdieu mais créé par Norbert Elias).
  La socialisation secondaire : au delà de l’enfance et tout au long de la vie. Elle dépend néanmoins de la socialisation primaire.
Les êtres humains arrivent dans des sociétés qui existaient avant eux. On est donc toujours déterminé par autrui :
  ce qu’est autrui.
  Ce qu’est autrui pour nous
  Ce que nous avons envie de donner à autrui
  ....
    • Le fait social et sa mise en lumière
Fait scientifique = donnée empirique/ donnée du monde extérieur.
Les faits scientifiques ne peuvent être vus qu’au travers de théories scientifiques. Sans théorie, on ne voit rien, on ne peut accéder aux faits.
Pour bien voir les faits sociaux, il faut mobiliser des connaissances, des théories, des concepts sociaux.
Exemple : Pour Bourdieu, la réussite n’est pas un exploit individuel. Durkheim a mis en lumière le fait social qu’est le suicide.
Durkheim : 1912 : première chaire de sociologie à la Sorbonne. Institutionnalisation de la sociologie en tant que science.
  • La particularité scientifique de la sociologie.
La sociologie est une science humaine.
Les sciences humaines sont constituées de disciplines qui ont pour objet commun l’homme, ses comportements individuels, collectifs, passés et présents. : Droit, histoire, économie, psychologie, sociologie, ethnologie, psychanalyse...
A l’intérieur de ces sciences humaines, la sociologie a une place particulière : elle étudie les faits sociaux produits par des êtres humains par interaction avec et dans la société.
Les faits sociaux sont produits par les êtres humains en interaction avec et dans la société.
L’observateur fait partie et participe lui-même à son objet.
  Epistémologie : elle étudie les sciences, l’histoire et les méthodes des sciences : Etude de la démarche générale de la science et des conditions de production des faits scientifiques. Le terme recouvre une série de disciplines, comme la philosophie des sciences, l’histoire, la sociologie et la psychologie de la connaissance scientifique. On distingue une épistémologie normative (Popper), qui veut déterminer les critères définissant ce que doit être une science, et une épistémologie descriptive, qui a pour vocation de décrire les sciences telles qu’elles s’élaborent réellement.
  Réflexivité : travail sur le travail : réflexion sur l’acte. La réflexivité donne une ouverture sur le doute (« Dubito ergo sum »).
La sociologie est un complément par rapport à une autre discipline.
Edgar Morin : remettre le sujet dans l’objet : « Toute observation doit inclure l’observateur et toute conception doit inclure le concepteur ».
Sociologie va s’intéresser à :
  qui fait des études ?
  accès aux emplois ? lesquels ?
  taux de suicide (Durkheim)
  montée du fondamentalisme religieux.
  Mécanismes d’insertion et d’exclusion (marché du travail)
  Mondialisation et diversité culturelle.
La sociologie est financée publiquement mais il y a également des initiatives privées.
Problèmes sociaux

Section I. différents concepts de justice sociale
La justice libérale : c’est un concept tenant compte de mécanismes de liberté et du rôle de l’Etat dans la régulation des problèmes sociaux.
1. La justice commutative (JC)
Elle est différente de la justice distributive. La JC relève d’Adam Smith, Hayek, les Paressiens (famille de pensée attachée à Pareto). C’est celle qui est liée au bon fonctionnement d’un marché libre et concurrentiel.
Optimum de Pareto : l’objet est de maximiser le profit sous contrainte du revenu, une situation est optimale au niveau collectif quand on ne peut pas trouver une situation où l’on puisse augmenter l’utilité collective sans diminuer au moins celle d’un individu unique.
L’idée de la justice commutative est la notion de justice rattachée au marché, elle est liée au bon fonctionnement d’un marché libre et en concurrence pure et parfaite. Le marché est neutre, pourvu que le jeu de la concurrence pure et parfaite soit respecté. Les individus définissent librement les quantités de biens qu’ils consomment et les quantités de services qu’ils détiennent.
L’échange libre est donc juste. Cette justice est inscrite dans le seul cadre des échanges équivalents, on compare dans une relation commutative les marchés ; X et Y : X=Y et Y=X, on peut donc échanger librement X contre Y.
La justice commutative est une crise liée au principe du respect des libertés naturelles : droit de la propriété, droit à un toit, à la nourriture.
L’Etat doit faire respecter ces droits naturels et doit veiller au bon fonctionnement d’un marché libre. Pour les Classiques, il ne doit pas corriger les inégalités considérées comme justes après l’échange libre.
2. La justice distributive - J.S Mills
M. Rawl, Pareto : Les inégalités se transmettent de père en fils et deviennent des inégalités subies depuis la naissance.
La justice distributive admet l’existence d’une inégalité originelle. C’est Mills qui fut le premier à prendre en compte ces inégalités. Son approche consiste à distinguer la liberté commerciale, qui est pour lui une condition de l’efficacité économique, de la liberté personnelle où réside le concept de justice.
Contrairement à ses successeurs, il considère que ce principe de liberté commerciale est toujours en conflit avec la liberté personnelle à laquelle il donne la primauté. Pour surmonter cette différence, il propose que les individus puissent concurrencer avec les mêmes chances.
J. S Mill complète la justice commutative par le principe de l’égalité des chances pour aboutir à une conception distributive de la justice.
La justice distributive relève de deux principes :
  La justice résultat ou téoléologique qui définit la justice en fonction des Conséquences que produit un mode d’organisation de l’économie sur la répartition de la richesse ou du revenu.
  La justice procédurale ou déontologique : définit la justice d’après les règles qui caractérisent l’organisation, qui mettent l’accent sur les mécanismes : même possibilités de gain.
Dans la réalité le système de la justice procédurale profite aux classes aisées (Etudes de sociaux de Bourdien), les impôts de pauvres financent en pratique les études des plus riches. Il dit qu’à partir d’une procédure juste on aboutit à une inégalité de fait.
Pour un ultralibéral, la justice procédurale peut être acceptable. Les libéraux proposent dans le system d’université de Bourdien. Friedman considère qu’il consiste à adopter un système d’université payant mais assorti de bourse pour les étudiants aux revenus les plus modestes.
L’égalité procédurale permet en réalité au dominateur de légitimer et renforcer leur domination car, selon Bourdien, si les faibles se trouvent à arme égale avec les plus forts ils n’auront pas la possibilité de faire le poids.
La justice téléologique (ou justice résultat) : abandon de l’égalité formelle. On cherche à aboutir à un résultat égalitaire ou une égalité concrète. Celle-ci justifie un traitement inégalitaire dès lors qu’il permet d’atteindre l’égalité : principe de la discrimination positive. ex : système des quotas concernant le nombre de femme au parlement (30%) ou concernant les salariés handicapés dans une entreprise.
Quand on produit l’égalité des hommes et des femmes, on cherche par ce principe une égalité effective. On ne cherche pas à traiter les femmes et les hommes de la même manière, mais à leur donner les mêmes chances.
La critique de ce système est qu’il aboutit à la marginalisation. La catégorie qu’on veut aider passe du statut d’assuré à celui d’assisté.
Section 2 : les critères de la justice
1. Le critère utilitariste
Les objets de la doctrine utilitariste : l’objet est de déterminer un nombre aussi réduit que possible de prescriptions morales et de lois juridiques nécessaires à l’organisation rationnelle de la vie en société.
Principe du plus grand bonheur pour le plus grand nombre (Benthan) : cette norme est l’élargissement au niveau collectif d’un principe d’utilité défini au niveau individuel (maximisation de l’utilité).
Au niveau microéconomique, est considéré comme juste pour un être rationnel le choix qui maximise l’excès d’une somme de plaisir sur une somme de peine. Sera donc socialement juste l’organisation de la société qui assure le plus grand bonheur pour le plus grand nombre.
Benthan et ses disciples montrent que le principe d’utilité en morale est équivalent au principe de l’attraction universelle en physique. La nature place l’humanité sous le gouvernement de deux maîtres souverains : la peine et le plaisir.
Cette doctrine est foncièrement individualiste.
On retrouve le principe utilitariste dans la pensée économique dans la mesure où il fonde toute analyse du choix des consommations. Ce principe devient une prescription normative imposée à l’agent économique dans la théorie du bien être.
Principe normatif : on cherche à définir ce qui est bon ou non pour l’agent économique.
Le principe de l’utilité correspond à une morale du résultat. Le principe de d’utilité est contraire à la morale religieuse qui ne conçoit pas q’une vie privée puisse engendrer la vertu publique.
  Le rôle de l’Etat : dans le passage de la morale individuelle à la morale collective, l’intervention d’un arbitre impartial et bien informé s’avère nécessaire.
1° raison : la recherche parmi tous les états possibles de l’organisation de la société suppose qu’on soit capable d’agréger des utilités individuelles en un indice traduisant les utilités collectives. Une fois cet indice défini, il suffit de choisir l’état social.
Il faut conditionner la forme des utilités marginales de ceux la pratiquant et de ceux la subissant.
2° raison (éthique) : la somme algébrique des comportement individuels n’est pas évidente. L’extension au niveau collectif du principe d’utilité individuelle peut être interprétée de deux manières :
  • affirmer que les égoïsmes s’harmonisent d’eux mêmes et produisent un bien être plus optimal.
  • Bentham et les utilitaristes du 19° s. qui adoptent partiellement le principe de la main invisible, harmonisation des comportements individuels. Une admission que l’intervention de l’Etat est nécessaire pour aboutir aux bien être collectif.
Critique de ces résultats utilitaristes du XIX° s. : d’un coté on permet à l’individu de maximiser son comportement sans se préoccuper de l’ensemble collectif. D’un autre coté, on lui permet d’accepter l’intervention de l’Etat pouvant prendre des mesures contre son comportement personnel.
Cela peut justifier des modes d’organisation sociale des plus totalitaires où l’Etat législateur peut sacrifier un individu ou une minorité pour réaliser le plus grand bonheur pour le plus grand nombre. On atteint l’équilibre quand les fonctions d’utilité sont égales.
2. Optimum de Pareto
Sans l’Etat, on essaye de démontrer qu’on aboutit à un optimum collectif. Le point de départ de l’école de Pareto se situe dans son livre. Quand on parle de l’écho paressienne, elle n’est pas conforme aux propositions originelles de Pareto
Pour Pareto, le critère de justice s’énonce "la moindre justice pour le plus grand nombre" qui se réduit chez les paressiens par le refus du moindre sacrifice.
Le critère du moindre sacrifice pour le plus petit nombre : l’individu est le meilleur juge de son bien être. Il distingue deux types de satisfactions de l’utilité individuelle :
  • La satisfaction de nature strictement économique provient de la consommation de bien Lambda
  • La satisfaction individuelle qui n’est pas d’ordre économique qui est appelée utilité. Elle repose sur les relations humaines, affectives, morales ou politiques que l’individu entretient avec les autres membres de la société.
3. La théorie de la justice de Rawls
Rawls distingue deux types de procédures :
  La procédure pure : pour Rawls, une procédure de justice est pure s’il n’y a pas de critère externe pour déterminer le résultat à l’avance (ex PMU) . C’est une procédure équitable. La procédure est pure si les règles ont été bien appliquées ou si le résultat n’est pas atteint. Une procédure pure est marquée par le hasard, le résultat ne peut pas être deviné à l’avance...
  La procédure parfaite : est plus exigeante que la première. On se fixe un résultat à l’avance et on tente d’obtenir ce résultat, on met tout en oeuvre pour atteindre le résultat qu’on s’est préalablement fixé. Ex demander à quelqu’un de partager un gâteau entre plusieurs personnes de sorte que tout le monde ait la même part et celui qui partage doit se servir en dernier de telle sorte qu’il fera attention à ce que tout le monde ait la même part que lui. Celui qui partage sait à l’avance le résultat qu’il veut obtenir, que tout le monde ait la même part, et il fera tout pour y parvenir d’autant plus qu’il y a intérêt.
 
 
  Aujourd'hui sont déjà 1 visiteurs (14 hits) Ici!  
 
=> Veux-tu aussi créer une site gratuit ? Alors clique ici ! <=